Le mot du commissaire

beatrix-sauleLe Mot de Beatrix Saule

Commissaire général de l'exposition
Directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Si l'idée d'un partenariat entre Versailles et Arras s'est d'emblée incarnée dans ce chef-d'œuvre de Van der Meulen qu'est l'entrée de Marie-Thérèse dans la capitale artésienne, la vision du carrosse de la Reine et l'idée de voyage que supposait le transport de nos collections, a orienté le choix, pour cette première manifestation, vers un ensemble d'œuvres exceptionnelles et pourtant peu connu : les collections du musée des carrosses.
Roulez carrosses ! sera la première exposition en France à aborder le thème des voitures hippomobiles. Un thème pourtant de nature à intéresser largement : il suffit, pour s'en persuader, de se rappeler l'engouement pour les cortèges du mariage de William and Kate en 2011.
L'œuvre de Van der Meulen nous a invités à explorer une autre direction : celle des rencontres entre Versailles et Arras, sujet propice à une première collaboration. Le propos, validé par les recherches historiques, s'est providentiellement trouvé rejoindre le thème des voitures, ne serait-ce qu'en raison de la pièce maîtresse exposée, véritable trône ambulant : le carrosse du sacre de Charles X, que Versailles connut si longtemps sous le titre de comte d'Artois !


La collection de Versailles se distingue par le fait qu'il s'agit de voitures historiques, commandées pour un événement précis et qu'elles sont peu nombreuses. Il ne pouvait s'agir toutefois de les transporter toutes à Arras. Un choix a donc été opéré pour montrer, historiquement, les plus significatives, esthétiquement, les plus belles et, techniquement, les plus diverses. Huit voitures ont été sélectionnées qui racontent l'Histoire de la fin de l'Ancien Régime à la République :
  • L'ancienne cour et sa « douceur de vivre », à travers les traîneaux, les chaises à porteurs et les voitures de promenade des fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette ;
  • La Révolution dans ses jours les plus terribles, avec le vestige du carrosse du sacre de Louis XVI dépecé sur ordre de la Convention (prêt du musée de Delémont) ;
  • La cour impériale à son apogée, évoquée par les berlines du mariage de Napoléon ;
  • La Restauration et ses efforts pour redonner du lustre à une dynastie bien falote à travers le char funèbre de Louis XVIII et le carrosse du sacre de Charles X ;
  • Le Second Empire et son pragmatisme, avec les remplois de ces véhicules redécorés aux emblèmes impériaux ;
  • La jeune République, enfin, et sa vertu austère, représentée par le coupé de la Présidence.

Enfin, grâce aux moyens de la muséographie, le château de Versailles avec ses écuries, ses cours et ses jardins sera, lui aussi, un temps présent dans l'abbaye Saint-Vaast.


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